
Dans la tribune LCF Québec
LCF à Québec : le 25 millions $ qui change complètement la lecture du dossier
24 sept. 2026 · 30 vues
Il y a une énorme différence entre dire qu’une franchise de la Ligue canadienne de football « coûterait environ 25 millions de dollars » et apprendre que 25 millions de dollars feraient déjà partie de l’entente négociée entre la ligue et le groupe qui veut amener une équipe à Québec.
C’est précisément la nouvelle information rapportée jeudi par Dave Naylor de TSN.
Et elle mérite qu’on s’y attarde.
Selon les sources de Naylor, la LCF doit recevoir un droit de franchise de 25 millions de dollars dans le cadre de l’arrangement conclu avec William Trudel, l’homme d’affaires identifié depuis quelques jours comme le principal porteur du projet de Québec.
Attention aux mots.
Ça ne signifie toujours pas que Québec possède officiellement sa franchise.
Ça ne signifie pas non plus que William Trudel a déjà fait un chèque de 25 millions de dollars à la LCF.
Mais on vient peut-être de franchir une étape importante dans la compréhension de ce dossier.
Parce qu’on ne parle plus simplement d’intérêt.
On commence à parler des conditions financières d’une transaction.
Ce que Dave Naylor vient d’ajouter
Jusqu’ici, plusieurs informations circulaient.
Le FM93 rapportait que William Trudel était derrière le projet.
Le commissaire Stewart Johnston avait rencontré Trudel à Québec.
Un vote aurait eu lieu le 9 septembre auprès des neuf gouverneurs de la LCF.
Le projet comprenait un éventuel stade de 25 000 places évalué à 350 millions de dollars.
Et le montant de 25 millions de dollars circulait déjà comme coût associé à l’obtention de la franchise.
La nouvelle information de Naylor est plus précise.
Ses sources lui indiquent que la ligue doit recevoir 25 millions de dollars comme droit de franchise dans le cadre de l’arrangement avec Trudel.
La nuance peut sembler petite.
Elle ne l’est pas.
Un prix théorique, c’est une chose.
Un montant faisant partie d’un arrangement entre un acheteur potentiel et la ligue, c’en est une autre.
Une approbation qui serait conditionnelle
Naylor apporte également une précision importante sur le fameux vote unanime du 9 septembre.
Selon son reportage, William Trudel aurait reçu une approbation conditionnelle unanime du conseil des gouverneurs de la LCF.
TVA avait d’abord rapporté le vote. 3DownNation avait ensuite confirmé auprès de ses propres sources que seuls les principaux membres votants du conseil — donc les propriétaires ou principaux dirigeants des neuf équipes — étaient présents. La LCF, de son côté, n’a pas officiellement confirmé que le vote avait eu lieu.
Le mot « conditionnelle » est probablement celui qu’il faut retenir.
Parce qu’il permet de réconcilier deux réalités qui pouvaient sembler contradictoires.
D’un côté, le dossier paraît extrêmement avancé.
De l’autre, la LCF continue publiquement de dire qu’il n’y a encore rien à annoncer.
Les deux peuvent parfaitement être vrais.
La LCF et Trudel pourraient avoir réglé leur partie du dossier
C’est ici que ça devient particulièrement intéressant.
Selon Naylor, si l’arrangement commercial entre la LCF et son éventuelle dixième franchise est effectivement en place, il s’agit d’un développement majeur et possiblement du point le plus avancé jamais atteint par la ligue dans sa quête d’une dixième équipe.
Autrement dit, une partie importante du problème pourrait déjà être pratiquement réglée.
Qui porte le projet?
William Trudel.
La LCF est-elle intéressée?
Oui. Elle qualifie publiquement Québec de « leading contender » parmi les marchés intéressés par une expansion.
Les propriétaires actuels accepteraient-ils Québec?
Selon les reportages de TVA et de 3DownNation, le vote du 9 septembre aurait été unanime.
Quel serait le droit d’entrée?
25 millions de dollars, selon les sources de Naylor.
On commence donc à pouvoir remplir plusieurs cases.
Mais il en reste une gigantesque.
Le vrai problème coûte 350 millions $, pas 25 millions $
Et c’est probablement ici que l’enthousiasme doit être tempéré.
Le droit de franchise de 25 millions de dollars n’est pas le principal obstacle financier au projet.
Le stade l’est.
Le scénario rapporté depuis juin prévoit un stade multifonctionnel d’environ 25 000 places, évalué à quelque 350 millions de dollars, qui serait construit sur le site du Colisée. Pendant les travaux, l’équipe pourrait évoluer temporairement au Stade TELUS de l’Université Laval.
Naylor est particulièrement clair sur cet aspect : selon son analyse du dossier, c’est le financement du nouveau stade qui déterminera probablement si la dixième franchise verra réellement le jour ou non.
Et c’est là que l’histoire sportive risque rapidement de devenir une histoire politique.
Parce qu’un projet de 350 millions de dollars soulève immédiatement la question du financement public.
Quelle part serait privée?
Quelle part viendrait de la Ville de Québec?
Quelle part pourrait être demandée au gouvernement du Québec?
Ottawa serait-il sollicité?
Pour l’instant, ces réponses ne sont pas connues.
Et le timing politique devient fascinant
Il y a un autre élément soulevé par Naylor qui mérite beaucoup d’attention.
Le Québec est actuellement en campagne électorale et les élections provinciales auront lieu le 5 octobre.
Dans ce contexte, Naylor juge improbable que les arrangements gouvernementaux nécessaires au financement d’un stade de cette ampleur soient déjà complètement réglés.
Ça pourrait expliquer beaucoup de choses.
Pourquoi la LCF demeure-t-elle aussi prudente publiquement alors que les discussions semblent aussi avancées?
Pourquoi Trudel refuse-t-il toujours de commenter?
Pourquoi parle-t-on d’une approbation conditionnelle?
Peut-être simplement parce que le morceau le plus difficile ne dépend plus uniquement de Trudel et de la LCF.
Il dépend maintenant du financement de l’infrastructure.
25 millions : beaucoup ou pas beaucoup?
À première vue, 25 millions de dollars pour entrer dans une ligue professionnelle nord-américaine peut sembler relativement modeste.
Mais ce montant ne représente évidemment que le droit d’entrée.
Il faudrait ensuite financer l’organisation, embaucher le personnel, mettre sur pied les opérations football, commercialiser l’équipe, vendre les abonnements, développer les commandites et probablement participer d’une façon ou d’une autre au projet d’infrastructure.
Il faut également se rappeler qu’une expansion crée quelque chose de très précieux pour les neuf propriétaires existants.
Une nouvelle franchise entre dans leur ligue.
Elle partage éventuellement les revenus nationaux.
Elle obtient des joueurs dans le cadre d’un processus d’expansion.
Elle reçoit un territoire.
Et dans le cas de Québec, elle viendrait modifier la présence de la LCF dans une province où les Alouettes de Montréal sont actuellement seules.
Le 25 millions de dollars est donc beaucoup plus qu’un simple prix d’achat.
C’est le prix d’entrée dans le club.
Neuf équipes, 25 millions : attention au calcul trop rapide
La tentation sera probablement forte de prendre les 25 millions de dollars et de les diviser immédiatement entre les neuf équipes existantes.
Ça donnerait environ 2,78 millions de dollars par équipe.
Mais on ne connaît pas encore la façon dont la LCF traiterait comptablement ou distribuerait le droit d’expansion.
Il serait donc prématuré d’affirmer que Pierre Karl Péladeau et chacun des huit autres propriétaires recevraient directement un chèque de 2,78 millions de dollars.
Ce que Naylor rapporte précisément, c’est que la ligue doit recevoir 25 millions de dollars.
La destination finale de cet argent reste à clarifier.
C’est une distinction importante.
Québec n’a toujours pas son équipe
Il faut continuer de le répéter.
La LCF n’a pas annoncé officiellement une franchise à Québec.
William Trudel n’a pas annoncé publiquement qu’il devenait propriétaire.
Le stade n’est pas financé.
Aucune date de lancement officielle n’a été annoncée.
La ligue elle-même demeure prudente. Dans sa déclaration transmise à Sportsnet, elle confirme avoir eu des discussions très productives avec un groupe local sérieux et engagé et qualifie Québec de candidat de premier plan, mais ajoute qu’elle n’a rien de plus à annoncer pour le moment.
Voilà les faits.
Mais il serait maintenant tout aussi difficile de prétendre que nous sommes encore devant une simple rumeur.
On commence à voir les contours d'une transaction
C’est probablement ce qui a le plus changé depuis 48 heures.
Au départ, nous avions un projet.
Ensuite, nous avons appris le nom de William Trudel.
Puis nous avons appris qu’il avait rencontré Stewart Johnston.
Ensuite est venue l’information concernant le vote unanime des gouverneurs.
La LCF a publiquement reconnu Québec comme l’un des principaux candidats à son expansion.
Et maintenant, Dave Naylor rapporte qu’un droit de franchise de 25 millions de dollars ferait partie de l’arrangement entre la ligue et Trudel.
Chaque information prise individuellement peut être nuancée.
Ensemble, elles dessinent quelque chose de beaucoup plus sérieux.
La question semble de moins en moins être de savoir si William Trudel et la LCF réussissent à s’entendre sur une équipe à Québec.
La question pourrait maintenant être beaucoup plus simple — et beaucoup plus difficile :
Peut-on financer le stade nécessaire pour rendre cette entente possible?
Si la réponse finit par être oui, le fameux 25 millions de dollars rapporté par Dave Naylor pourrait éventuellement être retenu comme l’un des premiers chiffres qui auront permis de comprendre que, cette fois, le projet de la LCF à Québec avait réellement changé de catégorie.



